La culture du kiwi, autrefois prospère, fait face à une nouvelle menace agronomique connue à l’internationale sous le nom de Kvds (Kiwi Vine Decline Syndrome). Ce syndrome de dépérissement racinaire, identifié depuis une dizaine d’années, menace la production de kiwi à l'échelle mondiale, suscitant des inquiétudes chez les producteurs et les chercheurs. Suite à la restitution des travaux du BIK dirigé par M Gachein et de l’exposé de Mr Tastet producteur de la commune de Peyrehorade je vous propose un résumé des avancées Française sur ce syndrome. La région de l’Adour est bien connue pour sa production de kiwi et son Label rouge mais aussi sur l’impact de ce syndrome au sein de sa zone de production.
Découverte du syndrome et premières observations courant de l’année 2015
Les symptômes caractéristiques : jaunissement des feuilles, réduction de la vigueur végétative, dépérissement des racines.
Méthodes de diagnostic et identification sur le terrain. Observation des parties aérienne et souterraine.
Le Kvds résulte d'une combinaison complexe de facteurs biotiques et abiotiques.
Facteurs Environnementaux :
Les sols mal drainés favorisent l'accumulation d'eau autour des racines, entraînant l'asphyxie (conditions anoxiques) et la prolifération de pathogènes. Mme Avignon doctorante au sein du BIK a rappelé l’extrême sensibilité du kiwi aux conditions anoxiques. Les pratiques d'irrigation inadéquates exacerbent ces conditions, rendant les plants plus vulnérables.
Agents Pathogènes :
Les champignons tels que Cylindrocarpon, Phytophthora et Pythium sont fréquemment associés au Kvds, causant la pourriture des racines. Les bactéries et les nématodes contribuent également au déclin des plants en continuant d’affaiblir le système racinaire. Il y a rarement de nouveaux arrivant dans cette zone rhizosphérique autre que des apports exogènes mais plutôt un déséquilibre qui se crée.
Stress Abiotique :
Les périodes de sécheresse prolongées et les excès d'eau liée à des pluviométries déconcertantes perturbent l'équilibre hydrique des plants. De plus, des carences nutritives, notamment en calcium et potassium étroitement liée aux flux hydriques, compromettent la santé des racines, les rendant plus susceptibles aux infections.
Répercussions économiques pour les producteurs : baisse de rendement de calibre et perte de qualité des fruits.
Impact sur la santé des vergers et la durabilité des cultures pouvant entrainer la mort du verger.
Mesures de gestion mises en place pour limiter la propagation qui impacte les itinéraires techniques et coût de production.
Lutter contre le Kvds requiert une approche holistique, intégrant diverses pratiques culturales et innovations agronomiques :
Amélioration des Pratiques Culturales :
Drainage et Irrigation :
Assurer un drainage efficace et adopter des pratiques d'irrigation optimisées pour éviter les excès d'eau. L’eau de ruissèlement doit être évacué rapidement des vergers à l’aide de nivellement, rigole et canaux d’évacuation. La percolation et l’infiltration de l’eau doit être accéléré et maitrisé à l’aide d’outils de décompaction. L’irrigation quant à elle doit être piloté avec précision à l’aide de sonde, de bilan hydrique ou d’un suivi minutieux à l’aide d’une tarière.
Accompagnement des Cultures :
Semer des couverts pour réduire la pression des pathogènes dans le sol et améliorer l’infiltration. Cette pratique aide à briser le cycle de vie des agents pathogènes et à améliorer la santé globale des sols par l’apport de matières organique et développement de la vie biologique. Cette pratique permet aussi de limiter le phénomène de tassement des sols.
Amendement des Sols :
Incorporer des matières organiques et des amendements tels que le compost de déchet vert (criblé) pour améliorer la structure du sol et favoriser une microbiologie bénéfique.
Utilisation de Variétés Résistantes :
Sélectionner et planter des variétés de kiwis résistantes aux principaux pathogènes. Les programmes de sélection peuvent cibler les traits de résistance, en utilisant des techniques de croisement conventionnelles ou des biotechnologies avancées tel que les marqueurs. Cette option semble plus tournée vers des centres de recherche privé qui souvent développent des stratégies club pour la récupération de royalties sur leurs nouvelles variétés
Techniques de Greffage :
Greffer des variétés sensibles sur des porte-greffes résistants aux maladies racinaires. Cette méthode protège le système racinaire tout en conservant les qualités souhaitées des variétés de kiwis. Certains portes greffes comme le Bounty montrent des caractéristiques adaptées et intéressantes pour les variétés de jaune. Des essais menés par le BIK sont en cours pour la variété Hayward. Avec l’arrivé de nouvelle composante tel que les porte greffes une adaptation des densités d’implantation sera nécessaires.
Recherche et Innovation :
Encourager la recherche continue pour mieux comprendre les interactions entre les facteurs biotiques et abiotiques du Kvds. Les partenariats entre institutions de recherche, producteurs et organisations agricoles sont cruciaux pour développer des solutions innovantes et efficaces.
Investir dans la biotechnologie pour développer des outils de diagnostic rapides et précis, permettant une détection précoce du Kvds et une gestion proactive.
En adoptant ces stratégies de prévention et de gestion, les producteurs de kiwis peuvent espérer réduire l'impact du Kvds et assurer la santé et la durabilité de leurs vergers.
A la suite de l’épisode PSA (Pseudomonas syringae actinidiae) le Kvds représente un défi de taille pour la production de kiwi. La collaboration entre producteurs, chercheurs et institutions est essentielle pour comprendre ce syndrome, développer des stratégies efficaces et assurer la pérennité des vergers de kiwi. Une attention particulière devra être porté au nouveau site d’implantation concernant les mouvements d’eau de surface et de profondeur. Tout devra être mis en œuvre pour éviter de près ou de loin les situations anoxiques même passagère.